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Sénalia aborde la nouvelle campagne avec optimisme

« La campagne 2025 démarre bien. Nous sommes dans une année normale, ce qui fait du bien après ces turbulences », a souligné Philippe Lestrade, DG de Sénalia, à l'occasion de la réunion d'information annuelle du groupe, tenue vendredi 9 janvier, à Paris.

Malgré un net recul des volumes céréaliers chargés en 2024-2025, Sénalia a su amortir le choc grâce à la diversification de ses activités. La nouvelle campagne, elle, s’annonce dans la normale.

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Sénalia, exploitant des terminaux portuaires céréaliers, agro-industriels et logistiques sur le port de Rouen, a présenté le bilan de son exercice 2024-2025 lors d’une réunion d’information organisée vendredi 9 janvier, à Paris. « La campagne 2024-2025 a été caractérisée par des volumes céréaliers extrêmement bas, ce qui a fortement impacté notre activité », a rappelé Philippe Lestrade, directeur général de Sénalia depuis le 1er juillet.

1,8 Mt chargées

Après une campagne 2023-2024 à 4 Mt de céréales exportées, l’opérateur a accusé, en 2024-2025, une chute de 52 %, avec seulement 1,8 Mt chargées. Les tonnages de blé réceptionné enregistrent le recul le plus marqué (- 64 %), tandis que ceux de l’orge fourragère, très dynamiques sur la campagne précédente, se replient de 35 % pour revenir à un niveau conforme à la moyenne. Ainsi, 80 % des volumes ont été réalisés avec 15 destinations, contre six lors de la campagne précédente. Le Maroc demeure le premier client avec 17 % des volumes, suivi du Portugal (11 %) et de la Chine (9 %), tandis que la part de l’Union européenne progresse, passant de 5 à 21 %.

Conséquence directe de ces faibles tonnages, l’activité céréales-export, qui représentait 53 % du chiffre d’affaires en 2023-2024, ne pesait plus que 43 % en 2024-2025. Ce recul a toutefois été compensé par la diversification des activités du groupe. Les activités agro-industrielles ont connu une forte progression, passant de 40 à 49 % du chiffre d’affaires, tandis que l’entreposage représente désormais 8 %. Ce dernier a notamment été renforcé par la mise en exploitation des entrepôts HUB1 et HUB3, portant la capacité du groupe à 90 000 emplacements palettes. Au global, le nombre de palettes manutentionnées a progressé de 19 %.

Le ferroviaire en progression, le fluvial sous tension

La campagne 2024-2025 a également confirmé une évolution notable des modes de transport massifiés. La part du ferroviaire progresse de 12 à 16 %, au détriment de la voie fluviale, dont la part recule de 36 à 25 %. « C’est une exception en France, souligne Alain Charvillat, directeur céréales export chez Sénalia. On entend souvent que le ferroviaire recule chaque année, mais chez Sénalia, l’acheminement par train se développe. Nous retrouvons des contrats ferroviaires intéressants sur des zones où aucune autre massification n’est possible. » En ce sens, Sénalia a modernisé ses installations, notamment la fosse ferroviaire du silo Robust, afin de massifier la réception du sucre.

De son côté, la partie fluviale souffre d’une perte de compétitivité, principalement liée à un manque de disponibilité de cale. « Des campagnes comme 2024-2025, avec des périodes sans céréales à transporter pendant plusieurs semaines, voire mois, fragilisent énormément les bateliers, qui doivent continuer à couvrir leurs coûts fixes. Certains ont donc quitté le bassin de la Seine pour se repositionner sur les canaux du Nord. Aujourd’hui, la marchandise est là, mais nous manquons de cale pour la transporter », explique Alain Charvillat.

Un retour à la normale

De son côté, « la campagne 2025-2026 démarre bien », se réjouit Philippe Lestrade. La projection pour l’ensemble de la campagne s’établit à 3,8 Mt. « Nous sommes dans une année normale, ce qui fait du bien après ces turbulences », confie-t-il. Sur la première partie de campagne, 1,7 Mt ont été chargées (60 % de blé et 40 % d’orge).

Les blés ont principalement été expédiés vers le Maroc, l’Afrique de l’Ouest et la Tunisie. Côté orges, la Chine a été le principal acheteur l’été dernier, avant de se retirer. L’Arabie saoudite a alors pris le relais, aux côtés du Qatar, de la Jordanie et de l’Irak. « Cet aspect multidestination amène énormément de liquidités dans le marché de l’orge, ce qui explique son dynamisme au départ de la France », analyse Alain Charvillat.

Pour la suite, il se veut rassurant : « L’Argentine arrive avec une très grosse récolte, ce qui pourrait peser sur les prix et venir nous concurrencer. Toutefois, les premiers lots réceptionnés au Maroc montrent des qualités technologiques de blé qui ne sont pas très bonnes. Les taux de protéines sont moins bons que les nôtres. Nous avons donc des chances de rester compétitifs sur cette destination-là en deuxième partie de campagne. »

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